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  • Olivier GILLES

L'autre, un être de mystère qu'on ne peut pas rejoindre

Mis à jour : avr. 16


Convaincre ou faire apprendre n’est pas une mission prioritaire pour un coach, comme elle ne devrait pas l’être sur le long terme pour nombre d’enseignants de formateurs ou de managers. D'une certaine manière, ils ont aussi tous les trois une fonction de coach puisque leur mission est de faire grandir et progresser les personnes qu’ils accompagnent. Pour eux aussi donc, l’explication n’est pas adaptée ; comme nous l’avons vu dans notre dernier article qui date un peu il est vrai (mais les fonctions du coach n’évoluant pas beaucoup dans le temps, notre article ne s’est donc pas beaucoup démodé !!...). Ils ont d’abord à faire découvrir comment l’accompagné agit et à partir de quoi il le fait.

L’explication est de l’ordre de la volonté de convaincre et d’imprimer un point de vue, une idée « dans la tête de l'interlocuteur ». Le coaching est de l’ordre de la volonté de laisser s’exprimer l’individu lui-même, lui laisser la responsabilité de ses actes et de ses pensées. Pour que l’expression puisse se faire, et qu’elle ait un effet « efficace », il faut une oreille aiguisée qui la reçoivent telle qu’elle est, sans intention d’en faire quoi que ce soit d’autre que de l'accueillir. « L’imprimer » par une réponse pourrait être pris, d’une certaine manière, comme une intrusion violente dans son espace personnel, intime.

L’autre est un être de mystère que je ne pourrai jamais rejoindre fondamentalement, que je ne pourrai jamais comprendre totalement : dans toute relation il est nécessaire de le regarder, à travers un point d’interrogation (ou comme un point d’interrogation avec au-dessus de sa tête).

Dans une relation d’accompagnement, commenter sa parole, l’interpréter, l’évaluer est d’une certaine manière oublier qu’il est mystère. Ce serait se l’approprier, lui prendre sa place, ne plus lui permettre d’exister, l’étouffer même, prendre le risque de couper la relation et de ne plus respecter le mystère de ce qu’il vit. (Par exemple une personne vivant une situation très difficile, qui vient se confier et à qui on dirait « je te comprends », peut avoir un effet très dévastateur puisqu'une souffrance intérieure est pas essence indicible. Com-prendre : prendre avec…? Mettre la main dessus ? ... sentiment possiblement violent malgré une intention bienveillante de montrer de la proximité).

Le seul questionnement qui permette l’expression est centré sur la clarification des propos à travers des questions telles que : « c’est-à-dire?, peux-tu m’en dire plus ? Qu’est-ce que tu veux dire par-là ?, ... » : Premier pas vers une écoute active mais sans intention, qui permet de laisser s’exprimer le mystère et ce qu’il recouvre. La parole traverse à la fois des faits de vie, mais aussi des commentaires, des évaluations, des intentions, des ressentis,…. La parole permet une exploration verbalisée du mystère intérieur personnel et intime: cette expression favorise une distanciation et un recul nécessaire pour donner de l’espace et appréhender autrement sa propre réalité, sans jamais, pour autant, pouvoir en faire le tour.

[1] J’empreinte l’expression de « l’écoute sans intention » à Alain Cardon, et Claude Arribas Coachs exécutif systémique.


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